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Où il s’avère que hisser Grimp´tout au quatrième étage est le pire des cols de la journée… Étape d’hier

Je suis parti de l’hôtel ce matin sans me presser, la météo annonçait une amélioration au fil des heures autan ne pas se dépêcher, d’autan plus qu’à 8h du matin il pleut. Vers 10h, non seulement il fait sec mais le soleil apparaît, je prends la route pour une étape de montagne qui s’annonce magnifique. Les Carpates à l’horizon m’appellent.
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Les cartes routables gratuites que j’ai installées sur mon GPS ont parfois une notion assez étrange de ce qu’elles qualifient de routes, parfois ce sont tout au plus que de larges sentiers, mais Grimp´tout passe.
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Après environ 20 bornes d’échauffement j’attaque le premier col de la journée, la route n’est pas mauvaise dans son ensemble, du bitume presque lisse par endroits, les pourcentages sont raisonnables et la dénivelée aussi. J’atteins le sommet tout en douceur sans forcer, presque surpris d’y être déjà.
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Je roule sur des routes où les touristes, à fortiori, les cyclotouristes doivent être fort rares, les enfants rient à mon passage, les adolescents font des photos avec leurs téléphones, les adultes s’étonnent et tentent parfois de me parler. J’ai vraiment du mal à communiquer avec les gens, je ne comprends vraiment rien à cette langue, à part parfois quelques mots qui ressemblent au roumain, en particulier dans l’alimentation. Alors les gestes et quelques dessins permettent parfois d’échanger quelques idées, mais ça ne va jamais très loin.
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Après un second col magnifique sur une piste pas trop roulante, je redescends vers Турка où j’espère trouver à loger. Je tente de me renseigner, il semble qu’il n’y ait pas le moindre hôtel dans le coin. Alors que je m’arrête pour faire quelques courses afin de préparer un bivouac, je rencontre des touristes polonais marcheurs qui parlent quelques mots d’anglais, ils sont accompagnés d’un habitant de la ville, Ivan, qui parle quelques mots de polonais. Ça ne va pas être simple mais la communication va être possible. Ivan possède une appartement vide et me propose d’y loger. J’accepte. L’appartement se trouve au quatrième étage mais il est hors de question pour le propriétaire, que même solidement attaché Grimp´tout passe la nuit en bas. Je ne parviens pas à lui faire comprendre que l’on peut monter les bagages puis monter le vélo. Nous hissons donc à deux dans l’escalier le vélo avec tout son fourbi, ce n’est pas l’ascension la moins rude de la journée. Grimp´tout dormira donc dans la cuisine de l’appartement et moi dans un divan à côté de lui. Je me lave dans un sceau d’eau froide que Ivan a été chercher au rez de chaussée. Il tente de m’expliquer, et je crois comprendre que je dois bien fermer la porte la nuit, les voisins sont des gitans… Rien ne change sous le soleil!
Je lui montre quelques photos de ma journée et il est très fier de m’expliquer qu’il a passé sa vie professionnelle à creuser et faire fonctionner des puits de pétrole, il y en a effectivement quelques uns disséminés dans la région quoi que je n’en ai vu aucun qui soit en activité.
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Je n’ai pas trop le courage de me mettre à préparer un vrai repas, je grignote un peu de fromage et une banane, Ivan m’abreuve copieusement de bières d’abord, de vodka ensuite. Je fini par m’endormir comme une masse….
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Grimp´tout a été malade, je l’ai soigné à la vodka

Je tente de poster les photos à part ce soir, le wifi rame.

Après une seconde journée de tourisme à Lviv hier, avec un peu moins de pluie, j’ai repris la route par un temps sec ce matin. Après 2 journées sans vélo je devais être en forme pour une longue étape. Dès le départ, Grimp´tout me donne quelques inquiétudes, la chaîne saute. Ma première hypothèse est que quelqu’un y a chipoté et que le dérailleur est un peu déréglé. Moi qui ne suis pas un champion de mécanique je me mets à essayer de régler mes vitesses. Je n’arrive qu’à faire pire. Ça roule bien mais régulièrement la chaîne saute, c’est assez désagréable mais surtout ça ne présage rien de bon, demain je serai de retour dans les Carpates et là j’aurai besoin de toutes mes vitesses qui fonctionnent bien. À la sortie de la ville je m’arrête devant la boutique d’un marchand de vélos et lui demande de lubrifier un peu ma chaîne, ça ne peut pas faire de tort, je reprends la route, pas mieux. Ça ne m’empêche pas de profiter des paysages et des villages traversés et même de faire quelques détours par quelques pistes.

Après environs 60 bornes et à peu près le même nombre d’arrêts pour tentative de réglage, j’en suis à penser que le problème n’est pas là. Mon moral n’est pas au top, je commence à douter. Si les moments de doutes font toujours partie du voyage à vélo, douter sur la mécanique me rend plutôt dingue. Je m’arrête devant une épicerie de village pour tenter une dernière fois d’examiner le problème. Je me rends compte que la chaîne saute aussi quand je fais tourner les pédales à l’envers, c’est étrange. Je me rends aussi compte que c’est chaque fois au passage des mêmes maillons dans les galets de dérailleur que le problème se pose. Cela viendrait-il de la chaîne? J’examine celle-ci en détail pour me rendre compte qu’elle comporte un bon gros « point dur » certains maillons ne tournent plus bien les uns vis à vis des autres. Problème localisé, reste à trouver la solution. Avec les pistes des derniers jours et la poussière ramassée la chaîne est fort sale, dans un premier temps il faudrait la nettoyer, l’idéal serait un bon dégraissant en abondance pour enlever la crasse, puis une bonne lubrification. Bien sur dans l’épicerie, rien qui convienne. J’achète une bouteille de la vodka la moins chère, ce n’est pas vraiment le meilleur dégraissant mais c’est tout ce que j’ai sous la main là où je suis. J’entreprends donc le nettoyage de la chaîne à la Vodka avec un vieux chiffon. Je repère les points durs et je leur accorde une attention particulière. Après un bon nettoyage, ma chaîne est belle et grise, presque comme neuve, il s’agit maintenant de la graisser, bien sur dans l’épicerie pas de produit prévu à cet effet, l’épicière m’offre quelques cc d’huile de tournesol, ça fera l’affaire. Je graisse abondamment puis laisse un peu reposer le tout, j’essuie le surplus de graisse et je reprends la route non sans avoir vidé le fond de la bouteille dans mon gosier. Miracle, Grimp´tout est guéri, la vodka a fait son œuvre efficacement. Et c’est avec des jambes presque neuves que le moral revenu je termine l’étape.

Ce soir je loge à Дрогобиу après 97 bons km. Demain je serai à nouveau dans les Carpates.

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Journée pluvieuse, soirée Enchantée

Une journée sans vélo sous la pluie à me balader à mon aise au hasard des rues de Lviv. La ville est vraiment belle mais manque cruellement de soleil aujourd’hui. J’en profite néanmoins beaucoup.

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Mon guide dit que les spectacles musicaux sont rares en été, en particulier à l’opéra, mais ce matin j’ai quand même poussée la porte de ce très bel édifice pour tenter ma chance. Il y a un spectacle ce soir, il reste des places, mais impossible de comprendre le titre ukrainien. Tant pis je prends une place, ce sera une surprise. En passant par l’hôtel je vais voir sur le site de l’opéra ce que j’ai acheté comme billet. C’est la « première » de la « Flûte Enchantée » de Mozart. Quelle chance! Le spectacle commence à 18h je suis dans la salle un peu à l’avance, rien que le bâtiment vaut déjà le détour. Splendide!
Dès les premières mesures de l’ouverture, c’est magnifique, un danseur seul sur scène pour un début prometteur. Tamino entre en scène, tout de suite un peu décevant, sa voix ne porte pas, il se laisse couvrir par l’orchestre… Ce sera le seul point faible du spectacle à mon sens. Les décors sont féeriques, la mise en scène drôle et vivante mêlant parfois un ballet à quelques scènes, en particulier les 4 éléments représentés par des danses magnifiques. Papageno est drôle comme il le faut, bon vivant joyeux. La Reine de la Nuit à couper le souffle. Monostatos n’est pas assez noir, mais c’est pour moi Zarastro qui emporte la palme. Le Grand Prêtre est chaleureux, souriant, bienveillant, sa voix de basse fabuleuse… Je passe une soirée magnifique, 3h de pur bonheur musical. Des soirées comme ça j’en veux bien plus souvent.

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Demain, la météo ne prévoit guère mieux, je pense que je vais rester en ville pour encore un peu de tourisme. Je reprendrai la route lundi pour retourner doucement vers les montagnes.
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Le Saint, la piste, le rallye et l’autoroute…

La journée a commencé lentement, est-ce les vodka au miel faites maison de la veille, mais mon neurone patine un peu au démarrage, vers 10h30 je suis sur le vélo. Dans un premier temps, la route est plate, le bitume n’est pas mauvais, ça roule bien. Vers le 20ème km apparaissent les premières pentes alors que le bitume lui tend à disparaître. Dans un village j’assiste à l’inauguration d’une statue de je ne sais quel Saint. Tout le village est là, presque tous sont habillés de costumes traditionnels, une chorale chante. Moment sympa…
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Je trouve autour de moi le trafic étrangement dense pour une route qui n’en est pas vraiment une. Il y a du monde et surtout certaines voitures roulent particulièrement vite, je n’aime pas ça. Je constate que beaucoup de voitures portent des numéros. Ce sont les voitures de reconnaissance d’un rallye, je suis sur une spéciale du championnat ukrainien. Devant un magasin, une affiche me confirme, ce ne sont que les voitures en reconnaissance, mais la spéciale commence à 16h. Il faut que j’ai absolument quitté cette piste pour cette heure là. Pourtant l’endroit est vraiment sympathique, j’avoue que j’y bivouaquerais bien, mais je ne veux pas prendre le risque de rester là.
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J’avance, je fais des pauses les plus courtes possible, la route est encore longue jusqu’à la fin de la spéciale. La pire ce n’est pas forcément les voitures des pilotes, eux savent conduire et sont relativement prudents, ils sont en reconnaissance et sont très loin d’être à 100% de leurs capacités, généralement ils ralentissent en passant près de moi. Non le pire ce sont les jeunes cons qui jouent au rallye-man. Dans des voitures qui ne sont pas prévues pour et qui eux ne tiennent absolument pas compte du danger qu’ils peuvent représenter pour moi. J’avoue j’ai un peu la trouille! Mais ni la carte, ni le GPS ne donnent de route alternative. J’avance prêt à me jeter dans le fossé en cas de besoin.
Finalement, un peu avant 16h je suis au bout de la piste, j’ai rejoint une route à 4 bandes, avec des camions. Si ce n’est les passages pour piétons et les arrêts de bus, cette route a tout d’une autoroute. Mais je n’ai pas trop le choix, c’est l’autoroute ou la spéciale. Les camionneurs étant nettement plus prudents que les jeunes cons, je prends l’autoroute. Je me sens beaucoup plus en sécurité là. Je passe quand même nettement plus de temps dans mon rétroviseur qu’à regarder étant moi. Toujours prêt à me jeter au fossé.
Apres un peu plus de 80 bornes dont 40 de piste et 15 d’autoroute, j’arrive à Lviv, la ville est sympa et je compte y passer au moins deux jours à faire du tourisme. Surtout que la météo tourne un peu a la pluie pour quelques jours.
Et puisque c’est le jour des bagnoles, voici quelques belles carrosseries locales, spéciale dédicace à JF…
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La journée avait pourtant bien commencé par un bon petit déjeuner dans le café de l’hôtel. Pour une raison que je ne m’explique pas, les cafés issus de machines à expresso sont ici qualifiés « american », quoi qu’il en soit, ils sont rarement bons et je me rabats sur le thé.

Après un dernier petit tour en ville je prends la route plein d’entrain, mais je déchante vite. La route sur laquelle je me trouve est une route à relativement grand trafic, beaucoup de voitures, mais aussi beaucoup de camions pas toujours modernes et de vieux bus. En plus l’itinéraire est loin d’être plat, ça monte ça descend, ça monte ça descend. Je n’avance pas vite, je peine à trouver le rythme qui va bien, je ne me sens pas trop en sécurité et qui plus est j’en prends plein des poumons lorsque les vieux moteurs diesels me dépassent lâchant leur lot de fumées noires. Je pense à abandonner, je maudis Grimp´tout, je maudis mes idées folles de vouloir venir faire du tourisme ici, qui plus est à vélo. Je pense à prendre la train à aller me reposer dans une ville, faire le vrai touriste… Enfin, je n’en suis pas à mon premier voyage à vélo et l’expérience prend le dessus, je me force, je sais qu’il faut continuer, que ça va passer et que la chose que je risquerais de regretter le plus c’est l’abandon. En arrivant à Капуш, j’en suis au 30eme km pour environ 300m de dénivelée et environ 300 bouffées de gasoils puants. Je suis à deux doigts de me disputer avec Grimp´tout. Je me force, j’avance encore.

Heureusement, je quitte cette route infernale, les dénivelés se calment, ça roule mieux. Le moral remonte un peu mais l’orage menace. Non! Pas ça, pas aujourd’hui, pas maintenant… Je plonge le nez dans le guidon, je pousse sur les pédales, je ne veux plus rien savoir, juste avancer. Heureusement ça se calme assez vite, la circulation qui m’entoure devient faible. Le moral revient, le plaisir de pédaler aussi. J’avance même bien sur des routes pleines de trous, à moins que ce ne soient des pistes avec un peu de bitume? Le plaisir du voyage revient, ouf, la crise est passée.

La photo suivante représente un nid de ptérodactyle, c’est un peu comme un nid de poule mais en bien plus grand. À noter qu’un espèce de ptérodactyle semble avoir depuis quelques années décidé de nicher sur les autoroutes wallonnes, je ne suis pas trop dépaysé.

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En m’arrêtant dans quelques magasins pour, entre autre y faire le plein bidons, je constate que face à la pénurie de petite monnaie, les méthodes sont les mêmes qu’en Roumanie, les bonbons et chewing gum font office de centimes…

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Finalement j’arrive à l’étape à Жидачів sous le soleil avant un second orage. La ville n’a vraiment rien pour elle, mais j’ai trouvé un petit hôtel pour me mettre au sec.

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Quelques monuments de l’époque « rouge » sont restés, en particuliers les monuments aux morts de la seconde guerre mondiale et parfois ceux à la gloire du sport, un des seul loisir qui était reconnu à l’époque.

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Un étape pas facile…

En passant

Il y a de la pomme dedans, mais pas que...

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Il y a de la pomme dedans, mais pas que…

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En descendant la Prout vent de face

Hier soir j’ai dormi pas loin de la source du Prout, ce matin, j’ai donc descendu le Prout avec un léger vent de face… Tout la matinée, je l’ai entendu, je l’ai vu, je l’ai senti près de moi.

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Magnifiques paysages de montagne et étape facile puisque presque exclusivement en descente, seulement quelques 200m de dénivelée positive pour 60 bornes.
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Je fais étape à Надвирна à quelques 40 bornes de Івано-Франківськ que je me fixe demain comme étape pour un peu de tourisme, la ville semble valoir la peine. J’ai donc quitté les Carpates pour quelques jours mais ce ne sera que pour mieux y revenir.
Encore un tour au marché
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Un soucis dentaire peut être? La solution…
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Et pour finir un message personnel pour mon fiston, je suis sauvé, Betty Ice existe en Ukraine 😉
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PS : désolé pour l’extrême finesse du jeu de mot du jour mais il était trop tentant!
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