roumanie, ukraine

Un passage de frontière compliqué

Je suis parti ce matin sans me presser, j’ai prévu une étape d’environ 60 bornes jusque Satu Mare en Roumanie. Le relief étant particulièrement plat ça devrait aller vite.
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Les 25 premiers km en Ukraine sont avalés sans se presser en à peine plus d’une heure, une vitesse moyenne rare avec les bagages. Je profite des derniers villages ukrainiens pour dépenser les quelques monnaies locales qui me restent, il fait chaud, j’achète surtout de l’eau.
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Pour le passage de la frontière, je sais que certains postes de douane sont exclusivement réservés aux citoyens dans pays limitrophes, j’ai donc un très léger doute sur la possibilité de passer la frontière, mais la présence de camions, russes, roumains, serbes, me rassure. En arrivant au poste de douane, après avoir d’ailleurs dépassé une file d’au moins 1km de camions à l’arrêt, 3 militaires me plongent littéralement dessus. STOP! Bien sur c’était mon intention, je sors mon passeport, mais le problème ne semble pas être là. On m’explique dans un mélange digne de la Tour de Babel que cette douane est interdite aux vélos… Non je rêve, celle-là on ne me l’avait pas encore faite. Je tente dans un premier temps une négociation, et si je ne vais pas à vélo mais à pied? Non pas possible non plus, le douanier tente de m’expliquer que je dois passer par un autre poste de douane et par la Hongrie. Un gros détour, puis la Hongrie et moi on est pas trop copain (pas que des bons souvenirs). Non je ne passerai pas par là. Voilà que de nombreux cyclistes arrivent, ils passent sans problèmes, j’essaye de comprendre, on me répond que ce sont des locaux et qu’eux peuvent. Moi ça fait déjà une demi heure que je poireaute là… Je commence à me demander si ce que les militaires veulent ce n’est pas un peu de pognon, discrètement j’en propose en prenant bien soin de ne pas être dans le champs de la caméra de surveillance. Je n’ai de toute façon pas beaucoup de liquide sur moi, mais 10 euros en Ukraine c’est beaucoup. L’offre est refusée poliment, c’est interdit de passer à vélo point barre, et le corruption n’y changera rien. Finalement un des militaires me dit que je n’ai qu’à attendre une voiture et qu’il demandera au chauffeur de m’emmener. Moi j’ai comme un doute. Une première voiture arrive et effectivement le militaire essaye de m’imposer. Le chauffeur refuse, ses amortisseurs sont morts il ne peut pas prendre de charge dans son coffre et mon vélo est trop lourd, celle là non plus on ne me l’avait pas encore faite. J’attends encore. Une seconde voiture arrive, le douanier ouvre le coffre et commence à le ranger puis me dit de mettre mon vélo dedans, le chauffeur n’a pas l’air enchanté mais il n’a pas le choix, c’est ça où il ne passe pas non plus! Je monte dans la voiture… Au contrôle des passeports un peu plus loin, si celui de mon chauffeur passe sans problème, le mien sème le doute. Mes cheveux et ma barbe sont un peu plus longs que sur la photo, 3 semaine de voyage à vélo ça n’aide pas. 10 minutes d’observation intensive puis encore 10 minutes à scruter mon document à la loupe. Ouf finalement je reçois mon cachet, je peux sortir d’Ukraine. Reste à rentrer en Roumanie. Là tout est beaucoup plus simple, 5 secondes à regarder mon passeport, on me demande si j’ai des armes, je dis non, puis ok. Drum bun (bonne route). Ouf frontière passée. Il aura quand même fallu plus d’une heure. Mon chauffeur qui a largement arrosé les douaniers au passage pour pouvoir entrer en Roumanie avec une bonne centaine de litre d’essence et des clopes en abondance refuse les euros que je lui propose en remerciement (ceux que le douanier n’avait pas voulu). Il me dépose au premier carrefour. Je tire quelques Lei au « bancomat » puis reprends la route.
Je retrouve vite le plaisir de parler roumain dans un magasin, que c’est simple de se faire comprendre et de comprendre ce qu’on me dit! La route est bonne, probablement un bitume largement subsidié par l’UE, ça roule vite. Je traverse Champignac, mais je ne croise pas ni Spirou ni le Comte, ils doivent être à Bruxelles à la petite sauterie organisée au Palais (Ciuperci = champignon en roumain). Le second nom est en hongrois, la région est bilingue.
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J’arrive à Satu Mare, je me trouve un hôtel et un wifi. Le centre ville est assez joli, quelques belles maisons.
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Tout va bien. Je vais me mettre en quête d’un ciorba de burta…
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